Beauté cachée

(Titre provisoire.)
Cette page est confidentielle et uniquement à l'intention de nos partenaires.

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Crédits photos : Julie Chaffort.

« Ensemble, nous souhaitons partager la beauté cachée, celle d’une humanité qui se trouve là, dissimulée au départ derrière sa porte, puis osant se dévoiler sous nos yeux, d’abord timide puis survoltée. Nous souhaitons créer un spectacle vivant, décalé, léger et joyeux ponctué par des mises en scènes lyriques et poétiques et porté par des histoires folles et touchantes. »

Par Julie Chaffort et Olivier Villanove, artistes
Tania Douzet, chargée de production, médiation et coordination.

Dans cette création en devenir, notre enjeu artistique est de faire se rencontrer deux univers singuliers, celui d’une cinéaste, et celui d’un conteur.
Julie Chaffort excelle dans la réalisation de films de territoires où elle met en scène leurs habitants dans des situations performatives et poétiques.
http://www.julie-chaffort.com/

Olivier Villanove, habile narrateur, sait créer des récits qui viennent révéler des lieux.
Tania Douzet, coordinatrice pleine de ressources, met les habitants participants au cœur des propositions artistiques de manière à ce que la création puisse se faire avec eux et se déroule dans la bonne humeur.

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Point de départ de l’aventure

« Les zones pavillonnaires envahissent les abords des villes et des villages, selon un modèle administratif et économique qui, indifféremment du lieu, se reproduit à l’identique.
Ces zones incarnent un idéal et un mode de vie fondés sur l’aliénation désirée. L’obsession de l’hygiène et de la sécurité, le culte de la marchandise et de la propriété privée ont remplacé les solidarités et la culture de résistance des classes populaires. L’expérience de la relation à autrui se réduit au désir de posséder les mêmes signes de la réussite individuelle. Cet univers parfaitement structure enferme l’imaginaire dans un espace étrique, accentue le repli sur soi et appauvrit la vie sociale. »
Jean-Luc Debry, Le cauchemar pavillonnaire.

Olivier qui a l’habitude de voyager et se nourrir de ses aventures pour écrire et Julie qui met en scène ses films dans des paysages naturels verdoyants où la nature nous submerge… étaient, ici, bien mis à l’épreuve !
Devant nos yeux : des maisons et des voitures…
Le paysage, un no man’s land où aucun piéton ne semble s’aventurer, mais des voitures qui vont et viennent dans des rues calmes et bitumées.
L’humain ? Comment ça, un humain ? Ce qui nous a interrogés et motivés alors, c’est ce qui se cachait derrière ces portes et ces fenêtres ; tenter d’imaginer ce qui se passait derrière ces murs, qui vivaient là et quelles histoires se trament.

Partir à la rencontre

Dans cette création artistique, la zone pavillonnaire est notre terrain de jeu, mais ce sont les gens qui l’habitent qui nous intéressent. Ils sont la beauté cachée. Dans la création artistique que nous vous proposons, nous souhaitons révéler le potentiel de cette zone en sublimant le territoire, cette sorte de « no man’s land » par des histoires récoltées et des images et installations plastiques et sonores.
Intention du spectacle
Investir un territoire, faire découvrir nos univers artistiques et faire participer les habitants à un projet artistique collectif – tout en ce que chacun s’y reconnaît et s’identifie.
Révéler les savoirs faire de chaque habitant/participant en prenant appui, sur les associations du territoire, culturelles ou sportives…
Une création qui a vocation à s’installer dans la rue d’un lotissement, d’une zone pavillonnaire avec des maisons de chaque côté, des trottoirs, des murets, des entrées de garage, la vue sur des jardins, des fenêtres visibles depuis la rue… Il y aura aussi une perspective au bout de la rue, un point de fuite d’où peut apparaître des personnes, telle une scène de théâtre.
Une création dont certains protagonistes seront aussi joués par les habitants de la ville.

Des images qui habitent notre pensée

L’idée est de créer des images oniriques orchestrées par Julie Chaffort mis en scène avec les habitants et dévoilées sur la durée comme une suite de tableaux en mouvement.
L’idée est d’avoir une histoire portée et racontée tout du long par Olivier Villanove.
Une histoire ou des histoires. Des anecdotes de vie, des partages d’expériences, des folies, des rêveries. Une parole vagabonde en adresse directe au public qui crée à son tour des images mentales, des confrontations avec ce qui se passera en direct dans la rue avec les habitants.
Un ton simple, pertinent, authentique, investi.

En racontant les histoires d’un quartier, les préoccupations, les angoisses, les plaisirs, nous comptons faire une photographie sensible d’un territoire.

Nous allons écrire un spectacle, telle une partition dans laquelle viendra s’inscrire les habitants qui prendront part à la mise en scène. Ils joueront leurs propres rôles d’habitants.
Ils se retrouveront performeurs, accomplissant leurs gestes habituels ou leurs savoir-faire dans des contextes nouveaux, voire décalés, et ce, dans ce lieu insolite qu’est la zone pavillonnaire.
La mise en scène ne sera donc pas frontale. Nous utiliserons la route dans sa longueur comme espace de jeu, de traversée, de représentation. Nous pourrons en fonction des lieux prendre appui sur des points de hauteur, de la proximité, la maison d’un habitant. Nous imaginons aussi scénographier un repas de quartier sauvage le temps d’une scène…

Enjeux artistiques

Notre enjeu artistique est de faire se rencontrer deux univers singuliers, celui d’une vidéaste, et celui d’un conteur. Julie a l’habitude de fabriquer des films avec des habitants et de les mettre dans des situations performatives. Olivier a l’habitude de créer des récits qui viennent révéler des lieux. Nous jouerons entre adresse intime et représentations spectaculaires.
Ensemble, nous souhaitons partager et révéler la beauté cachée, celle d’une humanité qui se trouve là, souvent derrière sa porte, intouchable. Nous souhaitons mettre en lumière ce qui se dérobe, ce qui est invisible dans cette zone.

 
Réflexion en cours sur la résidence « Ecrire pour la rue »

C’est quoi une zone pavillonnaire ?
« Quand je traverse une zone pavillonnaire, je m’interroge sur son histoire. Comment en moins d’un siècle, le paysage français s’est-il transformé ? Comment en est-on arrivé là ? J’ai grandi dans une zone pavillonnaire et forcément, pour l’enfant que j’ai été, ce territoire a toujours été là. En un peu plus de 40 ans, je l’ai vu se transformer, s’agrandir. Quelle limite ? »
Pour créer un spectacle qui prend appui sur ce type de lieu, il nous faut connaître son origine, son histoire, les enjeux de sa construction. Cette connaissance est indispensable pour nous permettra d’affirmer une parole singulière et fondée. La zone pavillonnaire dans lesquelles nous allons jouer répondent chacune à des singularités, mais aussi à des dénominateurs communs. Pour les maîtriser, nous avons besoin, durant ce temps d’écriture, nous documenter et apprendre.


Comme point de départ, il y a cet article paru dans Télérama le 12 février 2010 :
Comment la France est devenue moche ? Écrit par Xavier de Jarcy et Vincent Remy.
« Lorsqu’apparaissent les premiers supermarchés, au début des années 60, la France ne compte que 200 kilomètres d’autoroutes, un morceau de périphérique parisien, aucune autre rocade, pas le moin-dre rond-point... et un architecte-urbaniste visionnaire, Le Corbusier ! Celui-ci a compris très tôt l’hégémonie à venir de la voiture, à laquelle il est favorable. Dès 1933, avec des confrères qu’il a réunis à Athènes, il a imaginé de découper les villes de façon rationnelle, en quatre zones correspondant à quatre “fonctions” : la vie, le travail, les loisirs et les infrastructures routières. »
Cet article nous éclaire sur les choix politiques qui ont engendré des topographies complexes de paysages. Mais il est difficile de maîtriser l’ensemble des facteurs de développements :
« Frédéric Bonnet, architecte-conseil de l’Etat en Haute-Vienne, confirme : “Dans un rayon de 40 kilomètres autour de Limoges, tous les villages ont construit dix, quinze, vingt maisons pour des habitants qui ne se rendent jamais dans le centre-bourg, puisqu’ils travaillent tous... à Limoges.” Le mécanisme est simple : pour lutter contre l’exode rural, pour éviter la fermeture de l’école, la commune fait construire un lotissement, qui amène de nouveaux arrivants. Mais les enfants scolarisés grandissent et s’en vont. Il faut créer un second lotissement pour attirer de nouvelles familles. C’est la fuite en avant. Le mitage du paysage est renforcé par la spéculation foncière. »